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L’Italie sans peur face à l’Espagne

L’Italie, en bonne position pour se qualifier pour la Coupe du Monde, 1ère ex-aecquo avec l’Espagne avec 16 points, se rend à Madrid pour y disputer un match décisif contre la Roja pour la tête du groupe G. En cas de contre performance, la Nazionale aura toujours un petit matelas d’avance par rapport au troisième, un calendrier favorable avec deux réceptions (contre Israël et la Macédoine) et un déplacement (en Albanie) et devrait préserver au minimum la seconde place synonyme de barrage. La Squadra est certes invaincue en qualif depuis plus de 10 ans, série en cours, mais la dernière fois qu’elle s’est imposée en Espagne, c’était il y a 70 ans.

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

L’après Conte

L’ère Conte s’est arrêtée à la suite d’une improbable séance de tirs aux but face aux Allemands en quart de finale de l’Euro 2016. Personne n’a oublié la course d’élan de Zaza, la tentative d’intox de Pellè, le tir raté de Darmian ou encore le manqué de Bonucci. Tous ont échoué dans leur tentative. Et malgré les échecs de Müller, Özil et Schweinsteiger, c’est bien l’Allemagne qui est sortie vainqueur de cette folle séance. Alors que la Nazionale avait conquis le coeur des tifosi grâce à des performances abouties, que les joueurs pensaient aller plus loin dans cette compétition grâce à une solidarité retrouvée (après un Mondial 2014 catastrophique), cette cruelle élimination a mis un terme à l’aventure de Conte aux commandes de l’Italie.

Pour lui succéder, la fédération a alors choisi un sélectionneur à l’opposé de son prédécesseur. Après le bouillant Conte, l’arrivée de Giampiero Ventura a surpris beaucoup de monde. La nomination du Génois tranche avec les précédents techniciens à s’être installé sur le banc de la Nazionale. Ce n’est pas un entraîneur très réputé, (Trapattoni, Sacchi ou Lippi), qui n’a pas obtenu des résultats probants en championnat (Prandelli, Conte) ni une glorieuse renommée en tant que joueur (Cesare Maldini, Zoff ou Donadoni). Bref, la fédération a préféré miser sur ses talents d’éducateur avec les jeunes que sur son palmarès. Le tout à moindre frais puisque Ventura touche quatre fois moins que le nouveau coach de Chelsea.

Ventura est un entraîneur qui fait progresser les jeunes joueurs. Parmi ceux qui sont passés sous ses ordres à Bari ou au Torino, et qu’il a retrouvé sous le maillot azzurro, nous pouvons citer Leonardo Bonucci, Ciro Immobile ou Matteo Darmian. Cela tombe bien. L’Italie possède de nombreux jeunes talents qui ne demandent qu’à se révéler sous le maillot de la Squadra. L’éclosion des Donnarumma, Conti, Rugani, Spinazzola, Pellegrini, Bernardeschi, Gabbiadini ou Belotti (liste non exhaustive) est une aubaine pour un technicien comme Ventura. Le tout encadré par des joueurs d’expériences comme Buffon, Barzagli, Bonucci, Chiellini ou De Rossi. Des cadres dont certains disputeront leur dernière compétition internationale sous la tunique azzurra (Buffon, Barzagli, Chiellini, De Rossi ?) et dont les nouveaux éléments sont appelés à prendre le flambeau. Une succession lourde à supporter. C’est pourquoi le rôle de Ventura est primordial.

D’ailleurs, la fédération n’a pas tardé à renouveler sa confiance envers son coach puisque Ventura vient de prolonger son bail jusqu’en 2020. Un signe fort de la part des dirigeants transalpins avant même l’issue du Mondial.

Le point sur le groupe G

L’Italie a hérité d’un groupe compliqué avec la présence de l’ogre espagnol. L’Albanie, l’Israël, la Macédoine et le Liechtenstein sont les autres forces en présence. Jusqu’à présent l’Italie a bien géré les obstacles proposés. Invaincue en qualification officielle que ce soit pour la Coupe du Monde ou pour l’Euro, la Nazionale n’a plus perdu depuis plus de dix ans. C’était juste après le sacre de Berlin face aux Bleus. Un match de reprise en septembre 2006. Ce soir là, Sidney Govou claque un doublé dont un but dès la 2ème minute. Un but de Thierry Henry sur un tir dévié qui trompe Buffon et une réduction de l’écart de Gilardino viennent sceller le score de cette rencontre. La France l’emporte donc 3-1. Une autre époque. D’ailleurs, pour l’anecdote, la première sortie en amical du néo sélectionneur italien était contre la France et s’est soldée par le même résultat en faveur des Tricolores. La seule défaite des hommes de Ventura jusqu’alors.

La campagne de qualification a débuté par une victoire (3-1) à Haïfa face à Israël. Un début idéal. Le match nul (1-1) concédé à domicile face à la Roja est un bon résultat tant l’Espagne a dominé son sujet. D’ailleurs, la Squadra a marqué son but (un penalty de De Rossi) sur son unique tir cadré du match. Mais l’équipe a repris sa marche en avant dès le match suivant. Une victoire (3-2) au bout du suspens après un scénario plein de rebondissement à Skopje contre la Macédoine de Goran Pandev, le buteur du Genoa. Après avoir ouvert le score par Belotti, les Italiens se font surprendre deux fois en deux minutes (57′ et 59′). Cependant, Immobile à la 75′ puis à la 90+2 sur deux offrandes de Candreva arrache la victoire sur le fil. C’est au tour du Liechtenstein (4-0) de subir la loi des transalpins à Vaduz. L’Albanie est aussi défaite (2-0) à Rome. Le Liechtenstein ne fait pas le poids à Rome et s’incline lourdement (5-0).

La Nazionale a aussi bien géré les récents matches amicaux. Ces différentes rencontres face aux Pays-Bas (2-1), à Saint Marin (8-0) et l’Uruguay (3-0) ont permis à Ventura de tester plusieurs options tactiques, de donner une chance à plusieurs novices comme Scuffet, Caldara, Zappacosta, Gagliardini, Chiesa ou encore Petagna et d’accumuler de la confiance avec autant de victoires que de matches disputés.

Si le déplacement en Espagne est décisif pour la première place du groupe, il ne l’est pas pour la qualification puisque la seconde place semble être dans les cordes de la sélection transalpine. Surtout qu’après cette rencontre, l’Italie aura toutes les cartes en main avec un calendrier accessible pour être au minimum barragiste. Un résultat positif à Madrid n’est pas à exclure. L’Italie reste sur une bonne série face aux espagnols. Et le dernier résultat en date à domicile des hommes de Lopetegui est un résultat nul (2-2) arraché à la 87 ème par Morata face aux colombiens de Falcao et James. Un match passionnant quoiqu’il en soit.