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Premier League: Everton, outsider Number One

Auteur d’un bon résultat nul (1-1) sur la pelouse de l’Etihad Stadium face aux Citizens de Guardiola, Everton est bien entré dans cette nouvelle saison de Premier League. Une préparation estivale réussie, un mercato rapide et efficace, une reprise avancée pour disputer le 3ème tour qualificatif de League Europa et cerise sur le gâteau le retour de l’enfant prodigue, bref tous les feux sont au vert du côté de Goodison Park. De quoi ambitionner un meilleur classement que la saison dernière (7ème) et devenir l’équipe surprise chahutant la hiérarchie du Big 4. 

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

Un mercato bien mené

L’explosion des droits TV pour la Premier League pour la période 2016/2019 a fait beaucoup d’heureux en Angleterre à l’issue de la saison 2016/17. Pour rappel, la renégociation a abouti à la somme vertigineuse de 6,92 milliards d’euros. A la suite de son bon classement, les Toffees ont empoché la coquette somme de 143,4 millions d’euros. Une bonne base pour faire des emplettes. A ce montant, il faut ajouter les ventes de Romelu Lukaku vers Manchester United pour 80 millions d’euros (hors bonus pouvant s’élever à 16 millions d’euros), de Gerard Deulofeu vers le FC Barcelone pour 11,5 millions d’euros ou de Tom Cleverley vers Watford pour 8,5 millions d’euros. Un beau pactole pour renforcer l’effectif.

Les Blues ont frappé vite et fort. Dès le 9 juillet, l’équipe comptait déjà pas moins de 9 nouveaux joueurs dont Davy Klaasen (Ajax), Jordan Pickford (Sunderland), Michael Keane (Burnley), Sandro (Malaga) et Wayne Rooney (Manchester United). Depuis Gylfi Sigurðsson (Swansea), talentueux milieu de terrain islandais, s’est ajouté à cette liste. Les médias parlent d’au moins deux recrues supplémentaires d’ici au 31 août, et la fin de la période des transferts.

Si le montant de certains mouvements a pu soulever quelques interrogations en France, comme par exemple celui de Pickford, gardien de 23 ans transféré pour 27 millions d’euros mais avec une seule et unique saison de Premier League au compteur, il ne faut pas oublier que depuis le passage de Raheem Sterling de Liverpool à City en 2015 pour la somme astronomique de 70,5 millions d’euros, le marché anglo-anglais est devenu un marché à part.

Un effectif équilibré

Depuis sa prise de fonction en 2016, Ronald Koeman, bénéficiant d’une très bonne côte outre-Manche, a misé sur un melting-pot de jeunes pousses et de vieux briscards. Ashley Williams (32) recruté en provenance de Swansea et Ademola Lookman (19) en provenance de Charlton illustrent bien ce choix sportif désiré par le technicien batave et ses dirigeants.

L’effectif d’Everton version 2017/18 mêle donc plusieurs éléments d’expérience à l’instar de Wayne Rooney (31), Leighton Baines (32) ou Phil Jagielka (35) encadrant des jeunes joueurs plein d’avenir à l’instar de Dominic Calvert-Lewin (20), Mason Holgate (20) ou Sandro (22) et dont certains sont issus de l’Académie des Toffees comme Tom Davies (19), Jonjoe Kenny (20) ou encore Ross Barkley (23).

De quoi permettre à l’autre club de Liverpool de bénéficier d’un savant mélange entre la maturité des anciens et l’insouciance de la jeunesse pour grimper encore un peu plus dans la hiérarchie nationale.

Autre point positif à souligner, à une époque où le football moderne va dans tous les sens, plusieurs joueurs sont des Scousers (Baines, Barkley, Davies, Kenny, Rooney). Nés à Liverpool ou dans sa région proche, ils connaissent mieux que quiconque les valeurs du club, surnommé le club du peuple. Récemment, l’équipe U23 a aidé à lever des fonds (270 000 euros) pour construire une maison pour des adolescents risquant de devenir sans-abris.

Le retour de Wazza 

Annoncé avec insistance, et depuis quelques mercatos, le départ de Rooney de Manchester était devenu un secret de Polichinelle. Cependant, de nombreux observateurs se faisaient l’écho d’un départ vers le continent asiatique, et plus particulièrement vers la Chine, notamment l’hiver dernier. L’idée d’un dernier très gros contrat et d’une retraite dorée dans un championnat beaucoup moins exigeant que la Premier League s’affichait allègrement dans la presse britannique.

Mais Rooney a surpris tout son monde en décidant de rester en Angleterre pour revêtir à nouveau la tunique bleue. A l’occasion de son retour au bercail, le buteur anglais a livré une anecdote prouvant (s’il en est besoin) tout son attachement à son club formateur :

Pour être honnête, j’ai dû rester discret ces 13 dernières années, mais je portais des pyjamas d’Everton à la maison avec mes enfants. Je devais garder ça secret !

Parti en 2004, à l’âge de 19 ans, pour rejoindre Manchester United, il revient à la maison pour boucler la boucle avec un immense palmarès dans ses valises. Déjà (unique) buteur face à Stoke pour son retour à Goodison Park, Rooney est devenu le deuxième joueur de Premier League à atteindre la barre symbolique des 200 buts. Et question symbole, quoi de mieux que d’inscrire ce fameux but sur la pelouse d’anciens rivaux : les Citizens.

Rooney is back. Il est encore entré un peu plus dans l’Histoire de son club et du football.

Bien parti en championnat (une victoire et un nul), en ballotage favorable pour accéder à la phase de poules de l’Europa League (victoire 2-0 face à Split à l’aller, retour ce soir en Croatie), auteur d’un mercato ambitieux, Everton va passer un nouveau test en déplacement chez le champion en titre : Chelsea. Souvent, une équipe vient bousculer l’ordre établi dans un championnat. Il y a deux ans, c’était Leicester. Cette année, Everton semble en capacité d’endosser le costume de trouble-fête.