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Supercoupe Juve – Lazio pour les derniers réglages

La Supercoupe d’Italie 2017 offre la possibilité à la Juventus, opposée à la Lazio, de devenir le recordman de cette compétition avec huit titres devant le Milan. Mais ce match est surtout le préambule à l’ouverture du championnat. Principal favori à sa succession, les Bianconeri visent un septième titre consécutif. Même si la trêve estivale a été plus agitée que de coutume du coté de Vinovo.

Par Nicolas Wagner – Twitter: @friulconnection

Nouveau cycle

Annoncé en grande pompe en janvier dernier à Milan, par le président Agnelli, le nouveau « logo » de la Juventus est un symbole du nouveau cycle entamé par la société turinoise. Caractérisé aussi par le naming du Juventus stadium devenu Allianz Stadium. Reste qu’après avoir redoré son blason sur le terrain avec une suprématie sans précédent en Italie, la Juve doit aussi entamer un nouveau cycle au niveau sportif.

Finie la BBC. Bonucci, défenseur emblématique depuis sept ans, plusieurs fois en désaccord (notamment à Palerme et peut-être aussi à Cardiff lors de la finale de la Champions League) avec son coach Massimiliano Allegri la saison passée, a rejoint l’un des principaux outsiders pour le titre 2018 : l’AC Milan. Ce départ est un coup de tonnerre au coeur du mercato italien. Si de nombreux très bons joueurs, et non des moindres (Pirlo, Tevez, Vidal, Morata ou Pogba …) avaient déjà quitté la Vecchia Signora au cours des années précédentes, tous avaient quitté la Juve pour rejoindre une équipe étrangère.

L’arrivée de Bonucci au Milan est le premier transfert intra-Italie d’un joueur italien de son calibre depuis quinze ans avec le départ de Nesta pour le … Milan en 2002. La Juve n’a pas eu peur de renforcer la concurrence pour faire passer le message que malgré l’aura et l’importance d’un joueur, nul n’est au dessus de l’institution.

Arrivées

Au rayon des arrivées, les dirigeants ont retenu les leçons de la saison passée. En effet, si l’effectif turinois est suffisamment armé en quantité pour lutter sur plusieurs tableaux, on a constaté un manque flagrant de qualité et de profondeur de banc lors de la finale de Champions League 2017. Ainsi alors que le match était assez équilibré jusqu’à la mi-temps, le sort de la partie bascule complètement en seconde période. Lorsque Zidane sort Benzema, Isco et Kroos c’est pour faire rentrer Morata, Bale et Asensio. Allegri, lui, a remplacé Barzagli par Cuadrado (choix plus offensif), Pjanic par Marchisio (longuement blessé au cours de la saison) et surtout Dybala par … Lemina qui, sans mettre en cause les qualités de l’ancien marseillais, n’a pas le profil pour succéder au lutin argentin.

Du coup, et depuis le passage en cours de saison dernière par Allegri en 4-2-3-1, Marotta a ciblé deux joueurs de couloirs au profil semblable. Douglas Costa, 26 ans, ailier brésilien en provenance du Bayern Munich, passé par le Shakhtar en Ukraine et Federico Bernardeschi, 23 ans, ailier italien formé à la Fiorentina, un des plus grans espoirs italiens de sa génération. D’ailleurs, ce transfert n’est pas sans rappeler celui d’un autre N°10 de légende passé de le Viola à la Juve, Roberto Baggio. A l’époque le départ du Divino Codino avait fait couler beaucoup d’encre et provoqué la colère des tifosi florentins. Symbole d’une autre époque, le départ de Bernardeschi semblait inéluctable. Même si les tifosi florentins ont du mal à l’accepter. De Sciglio, 24 ans, latéral international italien inclus dans le deal avec Bonucci, Bentacur, 21 ans, milieu de terrain uruguayen en provenance de Boca Juniors et Szczęsny, 27 ans, gardien polonais (ex Arsenal et Roma) complètent, à ce jour, le mercato estival de la Juve. Ainsi avec ces arrivées, la plupart des postes sont doublés en quantité et en qualité, même si on peut s’attendre encore à l’arrivée d’un défenseur central et une doublure en vrai 9 de Gonzalo Higuain.

En outre, si la Juve a parfois eu le nez creux en matière de recrutement (entre autres : Pirlo arrivé gratuitement ou Barzagli débarqué dans le Piémont pour 500k €) et pour se prémunir de certains flops du passé (Krasic, Elia ou Bendtner) la Juventus développe depuis des années une stratégie « jeunes » recrutant beaucoup de jeunes talents italiens ou étrangers qu’elle envoie ensuite en prêt en Serie A ou B mais aussi un peu partout en Europe. Leonardo Spinazzola, en prêt pour deux saisons à l’Atalanta, pourrait revenir plus vite que prévu à la Juventus. Et Caldara est lui aussi sur la rampe de lancement avec une dernière saison d’apprentissage toujours à l’Atalanta. On peut citer pêle mêle aussi plusieurs autres jeunes pousses comme Lirola, Kastanos, Cerri, Mattiello ou Donis (liste non exhaustive tant elle est longue) déjà sous contrat avec la Juve, qui s’aguerrissent dans les ligues inférieures ou étrangères pour emmagasiner de l’expérience mais surtout déjà dans le giron Juventino en cas de révélation rapide.

L’opposition laziale

Un an après le psychodrame Bielsa sur les bords du Tibre, la Lazio du talentueux Simone Inzaghi s’apprête à défier la Juventus. Auteurs d’une belle saison, 5ème et finaliste (malheureux) en Coupe d’Italie, les Laziali ont perdu gros lors de cette intersaison.

En effet, Lucas Biglia capitaine et joueur emblématique de cette Lazio a rejoint l’armada milanaise contre un chèque d’une vingtaine de millions d’euros (bonus compris). Véritable clé de voûte du milieu de terrain, l’Argentin est remplacé par un Brésilien en la personne de Lucas Leiva. Dix ans après son arrivée à Liverpool, l’expérimenté milieu va connaître son deuxième club européen. Auteur de seulement quinze matches toutes compétitions confondues avec les Reds de Klopp, Lucas Leiva va tenter de se relancer au sein du milieu à trois composé par Inzaghi.

Autre renfort, Adam Marusic. Défenseur serbe de 24 ans en provenance de d’Ostende en Jupiler League, rejoint l’effectif romain. Pas le plus connu mais jouissant d’une bonne réputation outre-Quiévrain, les Biancocelesti espèrent une adaptation à la Milinkovic-Savic dernier joueur serbe en provenance de Belgique à les avoir rejoint. Tout comme pour l’attaquant équatorien Felipe Caicedo, en provenance de l’Espanyol.

Au rayon des départs possibles, celui de Baldé Keita s’apparente au feuilleton de l’été. Sur les tablettes de nombreux ténors du championnat (dont la Juve qui a la préférence du joueur), le fantasque sénégalais devrait quitter Rome d’ici la fin du mercato. Même si le président Lotito se veut intransigeant sur la somme de 30 millions d’Euros, au risque de perdre le joueur en fin de contrat en Juin 2018.

Les Biancazzurri tenteront d’accrocher un nouveau titre à leur palmarès après la Coupe d’Italie 2013. S’ils parviennent à battre la Juve, ce sera le quatrième succès des romains dans cette compétition et le premier depuis 2009.

La Juventus entre dans un nouveau cycle sportif mais aussi financier. Voulant un peu plus se rapprocher des autres cadors tels que le Real, United ou le Barça, ils espèrent pouvoir continuer leur progression sur la scène européenne entamée à l’orée de la saison 2011/12. Mais la conquête d’une septième titre consécutif, inédit en Italie, reste un des objectifs du club. La stabilité du Napoli de Sarri, la résurgence du Milan, la Roma new look à la sauce Monchi et l’imprévisibilité de l’Inter sont les principaux obstacles à surmonter pour ramener un trente quatrième titre national à la maison. Début des hostilités le 19/08 mais avant ça, le premier test est la Supercoupe.